Tech & internet

Les aperçus de réponse Google sont parfois pires que les «fake news»

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 07.03.2017 à 16 h 44

Repéré sur The Outline, Motherboard, Quartz

Ces réponses mises en avant par le moteur de recherche peuvent se baser sur des sourcescomplotistes.

Montage Slate.fr

Montage Slate.fr

Depuis plusieurs années maintenant, le moteur de recherche de Google ne se contente pas de proposer des liens vers des réponses aux questions des internautes; il intègre directement des réponses sur la page de résultats. Sur l'exemple ci-dessous, si on écrit une question, la réponse est directement indiquée.

Cela marche dans un grand nombre de domaines, de la recette de crêpes au jour de Noël en passant par les horaires des séances de cinéma. En matière de fact-checking, la démarche semble aussi louable puisqu'elle permet de démentir rapidement les théories complotistes sur le 11-Septembre ou les liens entre les vaccins et l'autisme. C'est extrêmement pratique pour l'internaute, et utile pour Google qui ne fait plus uniquement de la redirection. Mais comme le raconte aujourd'hui le site Outline dans une grande enquête, cet outil a une face sombre pour le moins inquiétante.

Le site donne ainsi l'exemple d'un cours donné à la  Case Western Reserve University, où un élève a demandé à son professeur si le président Warren Harding (en poste de 1921 à 1923) était membre du Ku Klux Klan. Quand le professeur a répondu que non, pas à sa connaissance, l'élève lui a alors montré les résultats indiqués pas Google quand on tape en anglais «les présidents dans le klan». Outline explique que ces «réponses» directement données par Google étaient tirées de sites internet peu fiables, qui faisaient la liste de cinq présidents membres du KKK, alors même qu'aucun élément biographique ne permet d'affirmer cela.

Autre exemple, si l'on demande en anglais ce qu'est un antifa (un anti-fasciste) à Google, la réponse automatique détaille l'explication donnée par la page Facebook d'un groupe de suprémacistes blancs australiens. Pendant un temps, «Barack Obama» était la réponse donnée pour la question «Qui est le roi des États-Unis?» Rappelons que, en 2015, comme l'expliquait le site Motherboard, Google relayait une explication de fondamentalistes chrétiens dénonçant les «mensonges» des «évolutionnistes». Enfin, Google a dû supprimer de terribles réponses à la question «Est-ce que les femmes sont diaboliques?»

Les internautes font plus confiance à Google qu'aux médias

Ces résultats ont plusieurs explications selon The Outline. Tout d'abord, il faut savoir que les internautes sont friands de réponses rapides à des requêtes rapides, d'autant plus si elles sont adressées à des assistants vocaux comme Siri ou Google Home. Sauf que ces aperçus de réponse réprésentent un avantage pour Google, qui peuvent se targuer d'être en avance sur leurs concurrents. Ensuite, il faut être conscient du fait que l'algorithme de Google ne dépend que des retours des internautes.

«Google ne peut pas dire si quelque chose est un fait ou non, explique Danny Sullivan, du site Search Engine Land. Cela dépend de ce que les gens postent sur internet. Et même si cela utilise les meilleurs algorithmes pour faire les meilleures réponses, il peut des fois se tromper. Et quand il se trompe, cela peut être spectaculairement raté.»

Dans une période où les géants américains affirment vouloir combattre les fameuses «fake news», Google semble en retard en ce qui concernent ces petites réponses automatiques. Un vrai problème quand on sait qu'un récent sondage, relayé par le site Quartz, a montré que 63% des personnes dans le monde font plus confiance aux moteurs de recherche qu'aux médias traditionnels.

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