Double X

Une université galloise a décidé d’interdire les expressions correspondant à des stéréotypes de genre

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 05.03.2017 à 12 h 45

Repéré sur The Independent, BBC, The Telegraph

Et cela ne plaît pas à tout le monde.

Montage Slate.fr

Montage Slate.fr

La BBC nous apprend que la Cardiff Metropolitan University vient de décider d’instaurer un code de bonne conduite afin de favoriser les expressions neutres d’un point de vue du genre. Le but étant de mettre en avant l’égalité homme-femme et de, selon les propres mots de l’université, «fournir un environnement où tout le monde se sent valorisé». La direction de l’université estimant que la langue peut «créer des querelles».

Parmi la liste des expressions et mots anglais modifiés, on retrouve par exemple «firefighter» ou lieu de «fireman» («pompier»), «sens du fair-play» à la place de «sportsmanship» («esprit sportif») ou encore «tax inspector» à la place de «tax man» («percepteur»). La célèbre expression «Gentleman’s agreement», si chère au personnage de Barney Stinson dans la série How I Met Your Mother, laisse sa place à «accord non écrit» ou «accord basé sur la confiance». En tout, 34 mots et expressions ont été bannis. Et comme le note The Independent, «les étudiants et les employés pourraient affronter des procédures disciplinaires s’ils n’acceptent pas d’adhérer à cette politique de langue».

Bien sûr, la décision n’a pas fait l’unanimité. Joanna Williams, professeure à l’université du Kent et auteure du livre Academic Freedom in an Age of Conformity, a ainsi estimé dans les colonnes du Telegraph que ces règles étaient inutiles et nuisaient à la liberté d’expression. «C’est une tentative très autoritaire de vouloir contrôler la façon dont les gens pensent et le langage qu’ils utilisent. L’idée que, dans une université, on ait besoin d’imposer une dictature de la sorte est très insultante pour les étudiants et les professeurs, nous devrions être à même de gérer ces mots. Ces mots ont évolué pendant longtemps et n’ont pas de connotation sexiste.»

Cette polémique arrive dans un contexte particulier au Royaume-Uni. Alors que la chef du gouvernement Theresa May a fait appel aux universités pour défendre la liberté d’expression, la revue Spiked publiait un sondage montrant que la censure augmentait dans les universités. «Selon le sondage, explique The Telegraph, plus de 60% des universités “restreignent sévèrement” la liberté de parole, ce qui signifie qu’elles censurent activement certaines idées, intervenants et textes sur les campus.»

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