Double X

Un homme veut coller les petites lèvres des femmes pendant leurs règles

Repéré par Nadia Daam, mis à jour le 27.02.2017 à 15 h 09

Repéré sur Gizmodo

Pour ce chiropracteur, cette toute nouvelle sorte de rouge à lèvres, qui n'a pas encore été validée ou commercialisée, doit améliorer la vie des femmes. Vraiment?

Capture d'écran du site de Mensez

Capture d'écran du site de Mensez

Une seule information, tant de sources de consternation. Aux États-Unis, un chiropracteur s’est mis en tête d’ouvrir le champ des possibles des protections périodiques en proposant aux femmes une alternative aux tampons, serviettes hygiéniques et autres cup.

Daniel Dopps s’est en effet piqué de gynécologie après avoir réalisé qu’il devait «sûrement y a avoir une meilleure réponse que de simples produits absorbants». La «meilleure réponse» qu’il propose?  De la glue pour les petites lèvres. Oui, oui. Ça s’appelle Mensez (pour «menstruation» mais qui sonne «man says» («l'homme dit», en français) même ça n’a même pas l’air d’être fait exprès). Et il s’agit d’un tube applicateur ayant la forme d’un rouge à lèvres contenant un mélange d’acides aminées et d’huiles qui auraient le pouvoir de sceller les petits lèvres et donc d’empêcher le sang menstruel de s’écouler. Laquelle glue se désintègrerais au contact de l’urine, il suffirait alors se faire des petits raccords en réappliquant le bâtonnet sur son appareil génital après chaque passage aux toilettes. 

Et Daniel Dopps de jurer que des femmes ont déjà formulé devant lui le souhait de pouvoir se coller de la glue sur les muqueuses pour ne pas avoir à porter de tampons. Ou de «bouchons», comme le chiropracteur les appelle. Dopps attend d’obtenir l’aval des autorités sanitaires et des tests cliniques pour le mettre sur le marché dès 2017 et a, en attendant, mis en ligne un mirifique site internet dédié à Mensez. Précisons à ce stade, qu’à notre connaissance, ça n’est pas une blague de mauvais goût mais un vrai projet commercial.

Tous les risques pour les femmes

Comme le monde entier n’a pas encore totalement perdu la tête, il s’est tout de même trouvé des gens pour qualifier l’invention de ce qu’elle est: une imbécillité totale. Sur son blog, la gynécologue obstétricienne Jen Gunter pointe les nombreuses aberrations que suppose un tel produit, si tant est qu’il soit possible à produire:

- Ce mec veut nous faire croire qu'il a inventé un mastic magiquement réversible grâce à l’urine, mais qui résisterais au sang et à la sueur et résisterais à de nombreuses frictions;

- Réappliquer une espèce de colle, même magique, encore et encore, pourrait causer des abrasions des petites lèvres. Devinez ce que cela provoque également? De vraies adhérences ce qui nécessiterait alors une séparation chirurgicale;

- L'idée qu'un joint hermétique complet pourrait être obtenu avec une simple application à la maison est ridicule. (…)

La gynécologue n’évoque pas les risques de choc toxique déjà possibles avec de simples tampons. Notons en plus que les médecins s’inquiètent de la résurgence de ce phénomène rare mais gravissime qui peut survenir parce que «le fluide menstruel est bloqué, il va rester au chaud. C’est donc un milieu de culture formidable et s’il y a cette fameuse bactérie (le staphylocoque doré, ndla), elle va se mettre à produire une toxine (TSST-1) qui va passer dans le sang». Et que le créateur de Mensez a eu l'idée alors que sa voisine a perdu une jambe précisément à cause du syndrome du choc toxique, souligne Gizmodo.

Un exemple de «mansplaining»

Même si Mensez n’est pas encore commercialisé (merci Seigneur), il a fait l’objet de nombreux commentaires incrédules et atterrés sur les réseaux sociaux et dans la presse féminine. Ce qui n’a pas du tout plu à Daniel Dopps qui nous a régalé d’un formidable moment de mansplaining publié sur sa page Facebook avant d’être effacé:

Traduction non littérale: ouin ouin les méchantes féministes et LGBT font rien qu’à m’embêter. Dans le détail, Daniel Dopps se targue d’avoir imaginé une solution que les femmes elles-mêmes n’ont pas été capables de mettre au point, alors qu’elles sont les premières concernées:

«Oui, je suis un homme et vous en tant que femme auriez dû trouver une meilleure solutions que les couches et les bouchons, mais vous ne l’avez pas fait. Parce que les femmes sont concentrées et distraites par leur règles 25% du temps, cela les rend tout simplement moins productives. Les femmes ont tendance à être beaucoup plus créatives que les hommes, mais leurs règles étouffent leur esprit créatif et leur font perdre la tête.»

C’est donc ça, Daniel Dopps pense que si du sang menstruel ne s’écoule pas de leur corps, elles seront plus efficaces et moins bêtes. Ça ne vous rappelle pas quelqu'un?