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Uber s'embourbe un peu plus dans les affaires de sexisme et de harcèlement

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 24.02.2017 à 10 h 34

Repéré sur NY Times

Une enquête du New York Times dévoile de nouveaux scandales touchant à la culture interne de l'entreprise.

Uber launch Party | 5chw4r7z via Flickr CC License by

Uber launch Party | 5chw4r7z via Flickr CC License by

Les révélations de Susan Fowler, une ancienne ingénieure d'Uber, sur le sexisme au sein de l'enteprise n'en finissent pas de faire des remous. Alors que le PDG Travis Kalanick a diligenté en début de semaine une enquête interne après que celle-ci a posté son message en ligne, voilà que le New York Times, dans une longue enquête, évoque des nouveaux témoignages confirmant le malaise de certains employés.

Créée en 2009, l'entreprise de voiture de transport avec chauffeur est devenue incontournable. Un succès international qui en interne a aussi un prix. Si la méritocratie y est effectivement érigée en valeur clé, les employés sont poussés à se marcher les uns sur les autres s’ils veulent arriver à leurs fins, révèle le quotidien américain qui s'est entretenu avec une trentaine de salariés actuels ou ayant quitté l'entreprise. Dans son post, Susan Fowler expliquait déjà que chacun des managers faisait tout en son pouvoir pour prendre la place de celui juste au-dessus. Quitte à bloquer l'avancement de leurs membres d'équipes les plus performants et notamment des femmes.

Elle évoquait également de graves affaires d'harcèlement sexuels couverts par les services RH de l'entreprise. Le New York Times soulève d'autres cas critiques: un manager qui touchait la poitrine de ses subordonnées lors d'un séminaire a harcelé à Las Vegas, un directeur qui a crié des insultes homophobes durant un échange houleux, et un autre manager, pour finir, qui avait menacé de frapper un employé aux mauvais résultats à coups de batte de baseball.

60% de femmes harcelées dans la Silicon Valley

En interne, Travis Kalanick a aussi dévoilé que seulement 15,1% des ingénieurs, managers et scientifiques chez Uber sont des femmes. Durant un point avec les employés cette semaine, de nombreuses voix ont appelé à ce que la politique interne de l'entreprise évolue rapidement. Kalanick s'est excusé personnellement de la situation et a promis de tout faire pour s'améliorer. Une réaction appréciée par les employé(e)s. Aimee Lucido, une ingénieure, écrit ainsi sur son blog:

«Je suis contente que Travis ait rapidement répondu à tout ça. Nous sommes en bonne voie pour résoudre ce genre de problèmes; plus que nous ne l’avons jamais été par le passé.»

Lucido affirme, dans le même article, qu’elle fait partie des 60% de femmes ayant été sexuellement harcelée dans la Silicon Valley. Pour elle, c'était pendant son stage chez Google.

Selon des documents récupérés par le New York Times, Uber fait face actuellement à au moins trois poursuites pour harcèlement sexuel, dans deux pays différents. Et d’autres employés réfléchiraient à enclencher des poursuites judiciaires. En attendant, la communication de crise est enclenchée. Liane Hornsey, chef des ressources humaines, explique désormais:

«Nous nous nous dévouons totalement à guérir les blessures du passé et à construire un meilleur environnement de travail pour tout le monde

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