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L'inventeuse du soutien-gorge moderne a eu une vie passionnante

Repéré par Xavier Ridel, mis à jour le 22.02.2017 à 11 h 29

Repéré sur Atlas Obscura

Mary Phelps a aussi édité Hemingway et traîné avec Dali, avant de mourir dans son château en Italie.

Crédits: Wikipédia https://commons.wikimedia.org/wiki/File%3ACaresse_Crosby_and_her_whippet.jpg

Crédits: Wikipédia https://commons.wikimedia.org/wiki/File%3ACaresse_Crosby_and_her_whippet.jpg

Voilà l'histoire de la femme qui a inventé le soutien-gorge moderne, telle qu'elle est racontée par Atlas Obscura. Nous sommes en 1910 et Mary Phelps, née en 1891, s’apprête à aller à une soirée, ou plutôt un bal. Elle met sa robe, s'observe dans le miroir et se rend subitement compte qu’elle exècre son corset. La jeune femme prend donc la décision d’essayer autre chose et, à l’aide d’un mouchoir, d’un ruban et d’une épingle, esquisse les contours de ce qui deviendra le soutien-gorge tel qu’on le connaît aujourd’hui. Très vite, son invention se fait remarquer. Elle écrira plus tard dans ses mémoires:

«Cette nuit-là, au bal, je me sentais si souple et si fraîche qu’ensuite, toutes mes amies sont venues me voir. Je leur ai fait jeter un coup d’œil à l’invention… Et à partir de là, nous nous sommes toutes mises à la porter.»

Une trouvaille lucrative (mais ratée)

Mary Phelps n’est pas la première à avoir eu l’idée du soutien-gorge, puisque les origines de ce dernier remontent à la Rome antique, mais elle est est celle qui a modernisé ledit sous-vêtement. Le succès de son modèle est également dû à la Première Guerre mondiale. Sa fabrication ne nécessite effectivement aucun métal, et tout l’acier est à ce moment là utilisé pour la construction d’armes et de machines de guerre.

Elle vend donc son idée à la Warner Brothers Corset Company of Connecticut pour 1.500 dollars; une assez belle somme pour une invention n’ayant rien coûté et venant de nulle part. Sauf que trente ans plus tard, l’entreprise aura gagné plus de 15 millions de dollars.

Peu après cette revente, Mary Phelps divorce. Mauvaise période. Elle se marie ensuite avec un poète dénommé Harry Crosby, change son nom en Caresse (après avoir hésité à s’appeler Clytoris) et part à Paris. Là-bas, le couple décide de vivre une «vie folle et extravagante».

Château, dépravation et suicide

Ils achètent un manoir et ouvrent Black Sun Press, une maison d’édition, publiant tour à tour des auteurs comme Ezra Pound, Charles Bukowski, James Joyce ou encore Lewis Carroll. Le Time finira par décrire Caresse comme «la marraine des auteurs expatriés de la Lost Generation». Le couple est vu comme l'un des plus scandaleux de l'histoire de la littérature.

Les Crosby mènent une vie de château, côtoient Dali et d’autres personnalités de l’époque, avant qu’Harry ne finisse par se suicider avec sa maîtresse. Caresse hérite de plus d’un million de dollars et fonde Crosby Continental Editions, aux États-Unis. La maison est un échec, mais elle publie notamment Hemingway et Faulkner. Caresse Crosby finit par être nègre pour des écrits pornographiques d’Henry Miller, puis elle se marie avec un footballeur de dix-huit ans son cadet, sort avec une star de la boxe avant d’avoir une romance avec l’architecte Buckminster Fuller.

Grâce à sa fortune, Crosby acquiert d’un château immense près de Rome, le Castello di Rocca Sinibalda. Avec le bâtiment vient également un titre de princesse, et elle y mènera encore une vie dépravée avant d’y finir sa vie, en 1970.

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