France

Guide de survie en cas de second tour Le Pen-Mélenchon

Jean-Marc Proust, mis à jour le 25.02.2017 à 10 h 11

Dans quelques semaines, nous regarderons, effarés, s’afficher sur nos écrans les visages des vainqueurs du premier tour. Dans cette campagne qui ressemble à un blockbuster avec des rebondissements tous les jours, une finale Mélenchon–Le Pen est très possible. Si c’est le cas, il sera alors trop tard. Le 23 avril, des millions de Français se poseront la même question: partir ou rester?

Carnaval de Nice, février 2017 I VALERY HACHE / AFP

Carnaval de Nice, février 2017 I VALERY HACHE / AFP

Ce dimanche 23 avril, il sera trop tard.

Oui, trop tard car après l'annonce d'un second tour opposant Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, ce sera aussitôt la panique. Les réseaux sociaux dégoulineront d'émojis et de larmes («c'est trop triste», «je vous l'avais bien dit», «ouh la la les heures les plus sombres», «j'ai trop peur moi, les bolcheviks») ou de cris de joie («dans quinze jours, on va tous vous niquer» ou «c'est la lutte finale») et, dès le lendemain, les taux d’intérêt exploseront, rendant la dette française intenable, faisant peser des menaces multiples sur l'économie française.  

Il faut se décider MAINTENANT.

Puis, dans la perspectives d’élections législatives tout aussi imprévisibles, les Français s’organiseront à la française, c’est-à-dire dans un bordel monstre, en vrac et en s’engueulant copieusement.

C'est pourquoi, lecteur avisé, il est temps de te préparer aujourd'hui à ce que tu refuses d'imaginer. En suivant nos conseils, tu auras huit semaines d’avance sur tes compatriotes. C’est peu? C’est énorme, crois-moi.

Option 1: partir

C’est l’option la plus rationnelle pour qui a regardé le programme économique des deux finalistes. Le reste du programme, on s'en fout un peu mais, que ce soit Le Pen ou Mélenchon, il conduira au même résultat: une sorte de guerre civile plus ou moins larvée. Si vous n'avez pas envie de devenir pauvre ou de prendre des coups de matraque, il faudra partir. 

Finances

- Commencez par vider vos comptes. Par vider TOUS vos comptes, le plus vite possible mais sans trop attirer l’attention. Convertissez ce que vous pouvez: l’or est cher mais il est toujours utile. Attention au dollar, avec Trump ce n’est plus une valeur refuge, préférez lui le franc suisse. Ou des bitcoins.

- Ouvrez un compte à l’étranger.

- Vendez votre logement. Les taux sont bas et la perspective de leur remontée tente des acheteurs, c'est encore le bon moment. S’il le faut, vendez en-dessous des prix de marché. Pensez qu’à partir de mai, l’immobilier va s’effondrer.

- Si vous êtes locataire, cessez de payer: en France, il faut deux ans pour expulser quelqu’un et, dans trois mois, vous serez loin. Gardez l’argent.

- Résiliez vos assurances, crédits, abonnements... Ou cessez de les payer. Gardez l'argent.

- Vendez vos meubles, livres, électro-ménager…. tout ce qui n’est pas indispensable. Bradez tous vos biens non indispensables sur Le Bon coin ou ailleurs. De toute façon, vous ne pourrez pas les emporter: les frontières seront fermées.

- Annulez vos dépenses : emprunts, vacances (vous êtes sérieux?), etc. Gardez l’argent.

- Si vous êtes honnête (mais pourquoi???), mettez-vous en règle avec l'administration fiscale.


Vie privée

- Faites refaire vos papiers d’identité car vous en aurez besoin pour voyager ou vous installer quelque part. Pensez qu’à partir du 8 mai, les préfectures seront prises d’assaut (et il n’est pas exclu qu’on vous demande pour une simple carte d’identité des quantités de documents auxquels vous ne songez même pas aujourd’hui). 

- Si vous avez besoin de visas, C’EST MAINTENANT.

- Faites-vous refaire les dents, achetez des lunettes, ne payez rien.


S'installer loin. Longtemps.

- Trouvez un boulot à l’étranger. Loin. Même un boulot mal payé au Québec ou en Nouvelle-Zélande vaudra mieux qu’un salaire (s’il est encore versé) français bouffé par une inflation explosive. Apprenez à faire du pain, devenez plombier, développez n’importe quelle compétence qui vous garantira un job.

- Bossez votre anglais. Non mais vraiment.

- Déménagez le plus vite possible. Les déménageurs vont crouler sous les commandes.

- Achetez une maison à l’étranger. Réservez des places dans les écoles. Ayez un téléphone local…

- Achetez vos billets d'avion maintenant. Le 24 avril, vous n'en trouverez plus.

 

Préparez votre retour triomphal

-Achetez un appartement à Londres. Équipez-le d’un studio son et images. Louez-le à un général.

 

Mesures d'ordre général

- Si vous êtes journaliste, détruisez votre carte de presse, apprenez un autre métier, changez de nom.

- Si vous êtes immigré de 2e, 3e, 4e, 5e (jusqu'à la 37e) génération, fuyez.

- Si vous êtes banquier, technocrate bruxellois, capitaliste, riche, bobo, artiste, fuyez.

Attention: vous allez devoir faire en moins de deux mois ce que la plupart des expatriés préparent durant une bonne année, avec l’aide de leur entreprise. Commencez donc immédiatement à faire les démarches nécessaires après avoir lu cet article (et cliqué sur la pub, merci).
 

Option 2: rester (en mode survie ou résistance même passive)

Pour des raisons qui m'échappent, vous pouvez décider de rester en vous disant que tout ça va finir par s'arranger (alors que non). En ce cas, préparez-vous à vivre, au moins quelques mois (guerre civile, on vous dit) dans la clandestinité.


Finances

- Tous les conseils financiers exposés précédemment, y compris la vente de votre logement et de vos biens, sont à suivre expressément, avec quelques adaptations. Conservez des euros (il y aura un marché noir), de l’or (attention aux lingots, difficilement monnayables) et cachez tout.

- Achetez des anciens francs chez les collectionneurs, on ne sait jamais.

- Rendez vos cartes bancaires TOUT DE SUITE. Ne payez plus qu'en liquide, pour ne pas être géolocalisé par votre banquier et, bientôt le gouvernement (comment ça, déjà?).

- Organisez votre insolvabilité. Les impôts vont augmenter de manière drastique. Faites-vous virer, soyez interdit bancaire, obtenez des minima sociaux. Il faut être le plus démuni possible (en apparence) dès le mois de mai. 


Vie privée

- Résiliez votre abonnement téléphonique et optez pour les téléphones avec cartes, ainsi que les messageries sécurisées.

- Supprimez vos comptes Facebook, Twitter, Instagram, demandez l’effacement de vos données. N’oubliez pas que tout ce que vous avez écrit (ou reçu, un simple mail suffit) pourra un jour se retourner contre vous.

- Préparez-vous à être dénoncé. On est toujours l’Arabe (MLP) ou le riche (JLM) de quelqu’un.

- Préparez-vous à dénoncer. Observez ce que font vos voisins, vos amis, votre famille même et soyez prêt, le jour J, à déposer un dossier solide démontrant des origines étrangères, une proximité avec des capitalistes ou des technocrates bruxellois. Ignorez vos amis banquiers ou basanés, mais notez tout ce qui pourrait être retenu contre eux (en fait: tout pourra être retenu contre eux). N'oubliez pas: vous pourrez les faire chanter avant de les dénoncer.


Mesures d'ordre général

- Détruisez les drapeaux et symboles européens qui traînent chez vous.

- Détruisez vos passeports avec des visas qui prouvent votre soumission au diktat de Bruxelles. Si vous n'avez que des visas russes, conservez-les précieusement.

- Mohamed, Brandon, oubliez. Faites franciser votre nom. Jean-Luc, Jean-Marie, c'est bien.

- Si vous êtes journaliste, détruisez votre carte de presse, apprenez un autre métier, changez de nom.


Vie quotidienne

Dans l'ambiance de guerre civile qui suivra l'élection, vous devrez absolument vous mettre à l'abri. On vous dénoncera, on vous cherchera. Il faut donc disposer d'une planque sûre et apprendre à vivre le plus discrètement possible. Potassez sérieusement les sites survivalistes pour vous préparer. Pressentant la fin du monde, Henry Michel a créé l'indispensable «pack survie» d'environ 4.500 euros. Lisez-le. Apprenez-le par coeur et détruisez-le.

En complément, voici quelques conseils de base.

- Trouvez-vous un coin tranquille: ferme isolée, bâtiment à l’abandon, cabane en forêt, ancienne bergerie, usine désaffectée… à proximité d'un point d'eau (pensez aussi aux pastilles pour rendre l'eau potable).

- Construisez-y un abri souterrain. Vite et discrètement. Attention: louer une pelleteuse ou acheter plein de sacs de ciment attirera forcément l’attention sur vous.

- Faites des provisions. Riz, pâtes, légumes et fruits secs, conserves, eau potable, café…

- Dans votre cave, élevez des animaux (de préférence souterrains. Oui, il faudra élever des taupes pour les manger), cultivez des endives et champignons. Stockez du fumier de cheval.

- Apprenez à chasser, à poser des pièges. A dépecer du gibier. A manger de la viande crue.

- Si vous avez des traitements spécifiques, achetez des médicaments en masse (surtout s’ils sont produits par des labos étrangers).

- Stockez des batteries, éventuellement des systèmes de production d'électricité...

Prévoyez du matériel de camping, des vêtements chauds, des cartes routières en papier...

Stockez de l'essence ou des vélos. Il y aura un exode, ça se vendra cher.

Allez sur Marmiton.org pour apprendre à cuisiner le quinoa ou faire de la soupe au cochon.


Collaboration

- Invitez votre oncle ancien de l’OAS à déjeuner dimanche prochain. Et votre oncle stalinien le dimanche suivant. Et ainsi de suite. N’attendez pas le second tour, ce serait suspect. Dès que JLM ou MLP est élu(e), dénoncez le mauvais oncle.

- Achetez des drapeaux bleu blanc rouge et des drapeaux rouges avec une faucille. Le 7 mai, vous détruirez ceux qui n’auront plus cours.

- Prenez un abonnement au PSG.

- Apprenez par coeur TOUS les couplets de la Marseillaise et ceux de L'Internationale (dans sa version russe aussi).

- Apprenez à parler le breton.

Voilà. À la fin de cet article, le lecteur se dit que nan c'est pas vrai tout ça c'est pas possible, ah la grosse déconnade. On en reparle le 23 avril. 

Jean-Marc Proust
Jean-Marc Proust (165 articles)
Journaliste