Science & santé

Souhaitez-vous savoir si vous allez perdre vos cheveux?

Repéré par Jean-Yves Nau, mis à jour le 16.02.2017 à 16 h 15

Repéré sur PLOS Genetics

Des chercheurs à l'université d'Edimbourg ont créé une formule pour tenter de prédire les risques de calvitie.

bald to the bone | olle svensson via Flickr CC License by

bald to the bone | olle svensson via Flickr CC License by

La génétique est une science qui n’a jamais vraiment rompu avec l’art de la prophétie. Une nouvelle preuve nous en est donnée avec une publication dont qui piquera la curiosité des hommes (et des magazines féminins). Disponible sur le site de PLOS Genetics, elle s'intitule «Genetic prediction of male pattern baldness», ou «la prédiction génétique de la tendance à la calvitie des hommes». C’est un travail considérable qui a consisté à démêler le fuseau des gènes impliqués dans les bases biologiques de l’alopécie, cette perte progressive, plus ou moins diffuse des cheveux affectant, dans l’immense majorité des cas, les individus du sexe masculin.

Plus de 250 régions génétiques différentes («independent genetic loci») impliquées dans ce qui peut constituer une source chronique d’angoisse ont en effet été identifiées par Saskia Hagenaars et David Hill, chercheurs spécialisés en génétique statistique à l'Université d’Edimbourg, qui dirigent l'étude. Cela grâce aux prélèvements biologiques effectués sur 52.000 hommes volontaires, âgés de 40 à 69 ans, chauves ou pas, enrôlés dans la UK Biobank, un remarquable réservoir biologique créé en 2007 et qui permet de multiples recherches génétiques. 

L'identification des marqueurs génétiques à l'origine de la calvitie

Après les nombreux travaux recherchant une cause hormonale (avec notamment la mise en cause de la dihydrotestostérone), seuls quelques suspects avaient, en amont, été identifiés par les généticiens. En 2008, deux études internationales menées de manière indépendantes et publiées dans Nature Genetics avaient établi un lien entre la perte progressive des cheveux après 45 ans et une zone située sur le chromosome 20. Il s’agissait alors plus précisément de l’alopécie la plus répandue, dite «alopécie androgénétique», soit la perte des cheveux commençant sur les tempes puis progressant sur le sommet du crâne, vers l'arrière.

La première étude a été effectuée par une équipe internationale de l'université McGill de Montréal, du King's College de Londres associée à des chercheurs des laboratoires pharmaceutiques GlaxoSmithKline. Elle avait porté sur un petit échantillon de Suisses, de Britanniques, d’Islandais et de Néerlandais. La deuxième étude avait été menée par des chercheurs allemands des universités de Bonn et Düsseldorf. Dans les deux cas, la même région chromosomique avait été tenue pour suspecte. Elle s’ajoutait alors à une autre région située sur le chromosome X laissant supposer que la mère était directement à l’origine de ce phénomène. «Une prédiction précoce de la calvitie, avant le commencement de la chute des cheveux, pourrait conduire à employer des thérapies qui seraient plus efficaces qu'au dernier stade de la perte», estimait alors le professeur Tim Spector (King's College London), l’un des auteurs.

Aujourd'hui, les chercheurs en Ecosse expliquent qu’à partir de leurs résultats statistiques, ils ont créé une formule pour tenter de prédire les risques, pour un homme donné, de perdre ses cheveux en fonction de la présence ou de l’absence de leur éventail de marqueurs génétiques impliqués dans la structure des cheveux et leur développement. «Nous avons identifié des centaines de nouveaux signaux génétiques, dont un grand nombre sont liés à la calvitie masculine, qui proviennent du chromosome X dont les hommes héritent de leurs mères», explique Saskia Hagenaars. Où l’on voit, une nouvelle fois, le poids des mères dans le destin des hommes.