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Pourquoi les hamburgers ne sont pas assemblés par des robots cuisiniers?

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 27.01.2017 à 16 h 00

Repéré sur Quartz, Boston Globe

Techniquement, les machines à faire des hamburger existent depuis les années 1960. Économiquement, c'est un autre problème

Le stand Mc Donald's au salon de l'agriculture à Paris en 2013. THOMAS SAMSON / AFP

Le stand Mc Donald's au salon de l'agriculture à Paris en 2013. THOMAS SAMSON / AFP

Le 31 janvier, les habitants de Boston pourront acheter un Big Mac auprès d’un distributeur automatique, à condition de renseigner leur compte Twitter auprès de la machine, qui enverra un tweet automatique depuis leur compte. Il s'agit donc plus d'une opéraiton marketing que d'un premier pas de McDonald's vers l'automatisation de ses cuisines et de ses restaurants, explique le Boston Globe. Et pour cause, la possibilité d’automatiser la confection de hamburger est un défi que le secteur tente de surmonter depuis plus de cinquante ans... sans succès.

Le hamburger est une bonne illustration des enjeux de l’automatisation des tâches et des emplois humains, un thème très débattu entre les candidats de la primaire de la gauche en France. Sur le plan technique, l'affaire paraît réglée depuis longtemps, car le site Quartz rappelle que loin d’être une invention récente, la machine à assembler les hamburgers existe depuis les années 1960. Mis en service en 1964, le système automatisé AMFare (pour American Machine & Foundry, la société qui l'a inventé), destiné aux restaurants et drive-in américains, était composé de six machines connectées entre elles et opérées par un seul employé en cuisine.

Pas assez rentable

Le système était capable de griller, découper, mélanger, toaster, assembler, emballer et déposer hamburgers, frites, sodas et milkshakes pour composer jusqu’à seize menus distincts. Le système était orchestré par une machine de commande et de facturation appelée Orbis. La commande était passée par téléphone ou interphone depuis le drive lui-même à une opératrice, qui la vérifiait puis entrait les plats et les portions correspondants sur un clavier.

 

Un numéro du magazine Popular Mechanics de septembre 1966, cité par Quartz.

Or, cette incroyable épopée technique s'est terminée sans le moindre débouché pour AMF, société qui s'est depuis concentrée sur un autre terrain de mécanisation, l'installation d'allées de bowling. Et ce cas vient nous rappeler que les technologies nouvelles ne changent pas notre cadre de vie simplement parce qu'elles sont mises en service: encore faut-il qu'elles soient jugées rentables par rapport au travail humain.

À l'époque de la mise en service du système de cuisine automatisé d'AMF, l'économie mensuelle d'environ 1.900 dollars par mois ne semblait pas valoir l'investissement de 1.500 dollars pour la machine, explique encore l'article de Quartz. Mais peut-être que l'attrait pour l'automatisation du hamburger va renaître maintenant que les millions de salariés américains employés des fast-food demandent un salaire minimum fédéral.

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