Science & santé

La bibliomanie, ou quand l'accumulation de livres devient un problème

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 04.12.2016 à 12 h 07

Repéré sur Atlas Obscura

Dans les années 1800, un trouble psychologique contaminait l'Europe: la collection et l'accumulation compulsive de livres.

Une bibliothèque I memyselfaneye via Pexels (Domaine public)

Une bibliothèque I memyselfaneye via Pexels (Domaine public)

Voici l'histoire d'Alois Pichler, docteur et universitaire originaire de Bavière (Allemagne), devenu, en 1869, l'«extraordinaire bibliothécaire» de la Bibliothèque publique impériale de Saint-Pétersbourg en Russie. En acceptant ce poste, Alois Pichler devenait ainsi l'un des bibliothécaires les plus reconnus de sa génération, mais également l'un des mieux payés de la profession, raconte Atlas Obscura.

Quelques mois après la prise de fonction d'Alois Pichler, les gardiens de la bibliothèque se sont rendus compte qu'un nombre alarmant de livres avaient disparu des collections. Ils suspectaient d'abord des voleurs, avant de remarquer le comportement étrange d'Alois Pichler, le bibliothécaire en chef de l'établissement, qui refusait d'enlever son large manteau, qui partait puis revenait dans la bibliothèque plusieurs fois par jour. Les gardiens ont ainsi commencé à se méfier de lui. En mars 1871, 4.500 livres portant sur le parfum comme sur la théologie ont été retrouvés en sa possession. «Pichler réalisait le plus grand vol de bibliothèque jamais enregistré jusque-là», finit Atlas Obscura.

Un trouble psychologique

Alors que les bibliothécaires expriment une grande passion pour les livres, Alois Pichler, lui, souffrait davantage d'une maladie qu'il ne parvenait pas à soigner: la bibliomanie. Un trouble obsessionnel compulsif, lié au trouble de la thésaurisation ou syllogomanie, qui se manifeste par la collection, l'acquisition ou/et l'accumulation de livres en tous genres et dans de telles proportions que la santé ou les relations sociales de la personne souffrant de ce trouble psychologique peuvent s'en trouver endommagées. 

Atlas Obscura retrace l'histoire de ce trouble et de la manière dont il s'est propagé dans les classes aisées européennes, dans les années 1800, et notamment en France après la Révolution. En parallèle de l'histoire d'Alois Pichler, condamné puis exilé en Sibérie, l'article raconte celle de Richard Heber qui, à partir de 1804, commençait à collectionner un total de 146.000 livres rares, répartis dans huit maisons et les graves conséquences financières de ce trouble psychologique chez ceux qui en souffrent.