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La Grande-Bretagne accorde un pardon posthume à des milliers d'homosexuels

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 21.10.2016 à 12 h 43

Repéré sur BBC

La loi de Turing, du nom du mathématicien Alan Turing, accorde automatiquement le pardon aux hommes décédés qui avaient été condamnés, mais ceux qui sont vivants devront faire une demande.

Monument Alan Turing à Manchester. | Mikel Egaña Aranguren via Flickr CC License by

Monument Alan Turing à Manchester. | Mikel Egaña Aranguren via Flickr CC License by

Le gouvernement britannique vient d'annoncer que des milliers d'hommes qui avaient été condamnés pour leurs relations homosexuelles seront automatiquement pardonnés de façon posthume. Sur les 65.000 hommes condamnés pour «atteinte aux bonnes moeurs», 15.000 sont encore vivants, rapporte la BBC.

«Un pardon est probablement la meilleure façon de reconnaître le préjudice causé par ces lois homophobes injustes et cruelles, qui ont heureusement été abrogées depuis» a déclaré le député libéral-démocrate Lord Sharkey, qui est à l'origine de la proposition de loi.

Les actes sexuels privés entre hommes de plus de 21 ans ont été décriminalisés en Angleterre et au Pays de Galles en 1967 (et au début des années 1980 pour l'Ecosse et l'Irlande du Nord). En 2001, l'âge de la majorité sexuelle pour une relation homosexuelle a été abaissé à 16 ans, le même âge que pour les relations hétérosexuelles.

Le pardon général

En 2013, le pardon posthume d'Alan Turing, mathématicien et pionnier de l'informatique, a mené à une pétition demandant le pardon général de tous les hommes condamnés pour leur orientation sexuelle. Turing s'était suicidé deux ans après sa condamnation pour atteinte aux moeurs. 

Selon cette loi dite de Turing, dont l'adoption vient d'être déclarée par le gouvernement britannique, les hommes décédés qui avaient été condamnés seront automatiquement pardonnés, sans que leurs noms soient publiés, mais ceux qui sont encore vivants devront faire une demande s'ils veulent que leurs casiers judiciaires soient expurgés. Un amendement proposé pour que ces pardons soient aussi automatiques n'a pas été accepté par le gouvernement conservateur, et sera débattu le 21 octobre.

Interviewé par la BBC, George Montague, qui a été condamné pour atteinte aux moeurs en 1974, a déclaré qu'il voulait «des excuses» de la part du gouvernement, pas un pardon:

«Accepter un pardon revient à accepter qu'on était coupable. Or je n'étais coupable de rien.»

Comme le souligne le New York Times, l'écrivain irlandais Oscar Wilde, qui a été condamné à deux ans de travaux forcés en 1895 pour sodomie, pourrait donc aussi être pardonné.