Comment la vie rêvée de Laure lui a échappé

©Muglück

©Muglück

Vous êtes-vous déjà dit, enfant, que vous étiez peut-être le fruit d'une adoption?  En regardant dans votre enfance La vie est un long fleuve tranquille (d'Étienne Chatiliez) ou encore aujourd'hui, des films comme Tel père tels fils (d'Hirokazu Kore-Eda), vous dites-vous «et si»? Et si ailleurs une autre famille vous attendait? 

Ce sentiment, ce désir est un passage presque obligé du développement, celui que Freud nomme «roman familial», roman que les enfants se racontent à eux-mêmes, en boudant: 

«Avec les progrès du développement intellectuel, il ne peut manquer de se produire que l’enfant apprenne peu à peu connaître les catégories auxquelles appartiennent ses parents, écrit le psychanalyste. Il fait la connaissance d’autres parents, les compare aux siens et acquiert ainsi le droit de douter du caractère incomparable et unique qu’il leur avait attribué. De petits événements dans la vie de l’enfant, en provoquant chez lui un sentiment d’insatisfaction, lui donnent l’occasion de commencer à critiquer ses parents et d’utiliser, pour cette prise de position contre eux, la connaissance qu’il a acquise que d’autres parents sont, à bien des points de vue, préférables.»

Mais imaginez que ce ne soit pas une illusion: que d'autres parents soient bien préférables? Que vous ayez sous les yeux une autre famille possible, plus aimante, plus drôle, plus heureuse, qu'elle vous attend, mais que vous ne puissiez pourtant pas y accéder? C’est l’histoire de Laure, qui est passée à côté de sa vie rêvée.

Un épisode d'Alexandre Mognol

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux.
> Paramétrer > J'accepte