Les tourments d'une première histoire d’amour

©Muglück

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À Berlin, Roland est un étudiant dispersé, à la vie légère ; il change bientôt d’université pour entreprendre des études plus sérieuses, dans le centre de l’Allemagne. Il y découvre un nouveau professeur qui s’apprête à changer sa vie et dès le premier cours, «la force fascinante de son discours»:

«Jamais encore je n’avais entendu un être humain parler avec tant d’enthousiasme et d’une façon si véritablement captivante ; pour la première fois j’assistais à ce que les Romains appelaient raptus, c’est-à-dire à l’envol d’un esprit au-dessus de lui-même. (…) Jamais je n’avais vu pareille chose, un discours qui était tout extase, un exposé passionné comme un phénomène élémentaire».

Alors l’étudiant est comme frappé au cœur: «passionné et capable seulement de saisir les choses de manières passionnée, dans l’élan fougueux de tous mes sens, je venais pour la première fois de me sentir conquis par un maître, par un homme».

Ces émois intellectuels qui agitent le héros de Zweig, dans La Confusion des Sentiments, Sarah les a vécus. Un jour, elle est en classe, et elle sent le regard de son professeur peser sur elle. Elle rebaisse la tête, la relève, et il la regarde toujours. Se pourrait-il qu’il soit amoureux? Ou l’adolescence et la découverte du plaisir intellectuel, l’admiration pour un professeur éloquent, brillant, les plaisirs de l’esprit, font-ils confondre sentiment amoureux et raptus? Et de cette confusion, peut-il encore sortir quelque chose? Elle lit Zweig et espère une véritable histoire d’amour...

Écoutez l'histoire de Sarah: