De l'Inde à l'Ouganda, le terrible sort reservé aux veuves

Fanny Arlandis

Double XMonde

, mis à jour le 20.09.2017 à 14 h 47

«Je suis intéressée de manière générale par les questions relatives aux femmes dans le monde, raconte la photographe Amy Toensing. Puis je me suis rendue compte que le statut des veuves est un bon indicateur de la place des femmes en général dans un pays. Que leur arrive-t-il à la mort de leur mari? Quelle place ont-elles ensuite dans la société? Ont-elles le droit de se remarier?» Son travail, mené depuis 2005, est actuellement exposé au festival Visa pour L'image, à Perpignan jusqu'au 17 septembre. 

Vrindavan, Inde, le 7 décembre 2005 | Amy Toensing

 

«En Inde, les veuves sont marginalisées. La pauvreté, l'analphabétisme, la misère et l'itinérance forcent souvent les veuves à devenir prostituées. Des milliers choisissent aussi, comme Usha Pal, de vivre dans les villes saintes où les temples leur donnent des pennies pour prier six heures par jour. Usha Pal s'habille après avoir pris un bain. Elle est veuve depuis vingt ans et vit à Vrindavan dans une ashram, un ermiatge, pour prier et chanter dans les temples hindous.»

Vrindavan, Inde, le 7 décembre 2005 | Amy Toensing

 

«En Inde, les veuves sont marginalisées. La pauvreté, l'analphabétisme, la misère et l'itinérance forcent souvent les veuves à devenir prostituées. Des milliers choisissent aussi, comme Usha Pal, de vivre dans les villes saintes où les temples leur donnent des pennies pour prier six heures par jour. Usha Pal s'habille après avoir pris un bain. Elle est veuve depuis vingt ans et vit à Vrindavan dans une ashram, un ermiatge, pour prier et chanter dans les temples hindous.»

Nabadwip, ouest du Bengale, Inde, le 5 avril 2016 | Amy Toensing

 

«Bhakti Dashi, 75 ans, vient du Bangladesh. Elle vit dans l'ashram Nabadwip Bhajan depuis l'indépendance du pays il y a vingt-cinq ans. Bhakti vit dans un coin reculé de l'ashram, derrière le temple avec quelques autres veuves. Le jour, les autres veuves viennent à l'ashram pour prier et chanter en échange de nourriture.»

Nabadwip, ouest du Bengale, Inde, le 5 avril 2016 | Amy Toensing

 

«Bhakti Dashi, 75 ans, vient du Bangladesh. Elle vit dans l'ashram Nabadwip Bhajan depuis l'indépendance du pays il y a vingt-cinq ans. Bhakti vit dans un coin reculé de l'ashram, derrière le temple avec quelques autres veuves. Le jour, les autres veuves viennent à l'ashram pour prier et chanter en échange de nourriture.»

Vrindavan, Inde, le 8 décembre 2005 | Amy Toensing

 

«Cette photo montre le corps de Chapla Sundari, veuve de 95 ans, morte dans son sommeil, près de la rivière Yamuna avant d'être incinérée. Les veuves en Inde sont souvent discriminées socialement et légalement. Non seulement il est inacceptable pour elles de se remarier, les éloignant de la reproduction et de la sexualité, mais leurs familles les fuient aussi car elles accusées par leurs belles familles d'être responsables de la mort de leurs maris. Beaucoup fuient leur maisons volontairement, par peur d'être maltraitées si elles restent.»

Vrindavan, Inde, le 8 décembre 2005 | Amy Toensing

 

«Cette photo montre le corps de Chapla Sundari, veuve de 95 ans, morte dans son sommeil, près de la rivière Yamuna avant d'être incinérée. Les veuves en Inde sont souvent discriminées socialement et légalement. Non seulement il est inacceptable pour elles de se remarier, les éloignant de la reproduction et de la sexualité, mais leurs familles les fuient aussi car elles accusées par leurs belles familles d'être responsables de la mort de leurs maris. Beaucoup fuient leur maisons volontairement, par peur d'être maltraitées si elles restent.»

Vrindavan, Inde, le 21 novembre 2013 | Amy Toensing

 

«Deux veuves se trouvent à l'entrée de l'ashram Merra Sehbhagini Mahila, un ashram gouvernemental soutenu par l'organisation Sulabh International. Ranjana (à gauche) et Lalita (à droite) sont des veuves qui résident dans l'ashram. Ces deux femmes représentent visuellement les changements générationels qu'on vécu les veuves en Inde.»

Vrindavan, Inde, le 21 novembre 2013 | Amy Toensing

 

«Deux veuves se trouvent à l'entrée de l'ashram Merra Sehbhagini Mahila, un ashram gouvernemental soutenu par l'organisation Sulabh International. Ranjana (à gauche) et Lalita (à droite) sont des veuves qui résident dans l'ashram. Ces deux femmes représentent visuellement les changements générationels qu'on vécu les veuves en Inde.»

Vrindavan, Inde, le 21 mars 2016 | Amy Toensing

 

 «Les veuves des ashram aux environs de Vrindavan jouent avec des couleurs lors d'une célébration religieuse au temple Gopinath. L'événement est organisé par Sulabh International, qui tente de ramener les veuves dans la société –traditionnellement il est tabou pour les veuves de célébrer les vacances.»

Vrindavan, Inde, le 21 mars 2016 | Amy Toensing

 

 «Les veuves des ashram aux environs de Vrindavan jouent avec des couleurs lors d'une célébration religieuse au temple Gopinath. L'événement est organisé par Sulabh International, qui tente de ramener les veuves dans la société –traditionnellement il est tabou pour les veuves de célébrer les vacances.»

Calcutta, ouest du Bengale, Inde, le 8 avril 2016 | Amy Toensing

 

«Bisakha, 37 ans, est une veuve prostituée. Elle se lave avant d'aller travailler le soir dans le quartier Sonagachi où se trouve de nombreuses prostituées de Calcutta. Bisakha a été marriée à 13 ans et est devenue veuve à 27. Six mois après avoir perdu son mari, elle a déménagé de son village pour venir à Calcutta pour gagner de l'argent comme prostituée. Elle donne l'argent qu'elle gagne à ses parents et à sa fille de 10 ans. Ils vivent encore tous au village et ne savent pas qu'elle travaille comme prostituée.»

Calcutta, ouest du Bengale, Inde, le 8 avril 2016 | Amy Toensing

 

«Bisakha, 37 ans, est une veuve prostituée. Elle se lave avant d'aller travailler le soir dans le quartier Sonagachi où se trouve de nombreuses prostituées de Calcutta. Bisakha a été marriée à 13 ans et est devenue veuve à 27. Six mois après avoir perdu son mari, elle a déménagé de son village pour venir à Calcutta pour gagner de l'argent comme prostituée. Elle donne l'argent qu'elle gagne à ses parents et à sa fille de 10 ans. Ils vivent encore tous au village et ne savent pas qu'elle travaille comme prostituée.»

Village de Rameswarpur, ouest du Bengale, Inde, le 10 avril 2016 | Amy Toensing

 

«Ganga Chowdhury, 62 ans, se lave dans un bassin de Maheshtala, un village au sud de Calcutta. Ganga vit dans une maison de bambou sur une terre héritée de sa mère. Ses frères vivent dans un immeuble juste à côté et lui ont dit qu'ils voulaient qu'elle parte. Ils veulent la terre sur laquelle elle vit. Ganga a été marriée à 15 ans et est devenue veuve à 20. Sa belle famille a essayé de l'empoisonner et l'a vendu pour des services sexuels. Sa mère l'a secourue et l'a ramené à la maison. Aujourd'hui elle survit avec 300 roupies que son plus jeune fils lui donne chaque mois et en faisant des petits boulots dans le village. Elle ne se rend à aucun événement familial, comme les mariages, parce qu'elle sait qu'une croyance dit que les veuves apportent des malheurs et qu'elle ne veut pas être tenue responsable si quelque chose arrive à la mariée alors qu'elle est présente au mariage.»

Village de Rameswarpur, ouest du Bengale, Inde, le 10 avril 2016 | Amy Toensing

 

«Ganga Chowdhury, 62 ans, se lave dans un bassin de Maheshtala, un village au sud de Calcutta. Ganga vit dans une maison de bambou sur une terre héritée de sa mère. Ses frères vivent dans un immeuble juste à côté et lui ont dit qu'ils voulaient qu'elle parte. Ils veulent la terre sur laquelle elle vit. Ganga a été marriée à 15 ans et est devenue veuve à 20. Sa belle famille a essayé de l'empoisonner et l'a vendu pour des services sexuels. Sa mère l'a secourue et l'a ramené à la maison. Aujourd'hui elle survit avec 300 roupies que son plus jeune fils lui donne chaque mois et en faisant des petits boulots dans le village. Elle ne se rend à aucun événement familial, comme les mariages, parce qu'elle sait qu'une croyance dit que les veuves apportent des malheurs et qu'elle ne veut pas être tenue responsable si quelque chose arrive à la mariée alors qu'elle est présente au mariage.»

Tuzla, Bosnie-Herzégovine, le 7 juillet 2015 | Amy Toensing

 

«Hajra Catic, fondatrice et directrice de Femmes de Srebrenica (Zene Srebrenice), est assise sur le canapé des locaux de l'organisation à Tuzla. Les murs sont recouverts des photographies des hommes massacrés pendant la guerre. Ils étaient plus de 8.000. Les veuves en Bosnie peuvent se remarrier si elles n'ont pas d'enfants de leur premier mari.» 

Tuzla, Bosnie-Herzégovine, le 7 juillet 2015 | Amy Toensing

 

«Hajra Catic, fondatrice et directrice de Femmes de Srebrenica (Zene Srebrenice), est assise sur le canapé des locaux de l'organisation à Tuzla. Les murs sont recouverts des photographies des hommes massacrés pendant la guerre. Ils étaient plus de 8.000. Les veuves en Bosnie peuvent se remarrier si elles n'ont pas d'enfants de leur premier mari.» 

Province de Luweero, Ouganda, le 11 juin 2016 | Amy Toensing

 

«Solome Sekimuli, 54 ans, a perdu son mari Ben à cause du diabète une semaine plus tôt. Sa belle famille a immédiatement essayé de l'expulser de sa maison, un crime dont sont victimes 3 veuves sur 5 en Ouganda. Ils sont arrivés le jour de l'enterrement avec des outils agricoles en guise d'armes et ils ont demandé à tout le monde de partir. Ils l'ont ensuite menacé physiquement. La famille n'a pas contre-attaqué à cause des règles de hierarchie familiale. Deux des assaillants étaient des oncles paternels et personne n'a le droit de leur répondre. Solome a été mariée à son mari depuis 1979 alors qu'elle avait 17 ans et lui 19. Ils étaient meilleurs amis et sont tombés amoureux lorsqu'ils étaient adolescents et le sont restés toute leur vie.»

Province de Luweero, Ouganda, le 11 juin 2016 | Amy Toensing

 

«Solome Sekimuli, 54 ans, a perdu son mari Ben à cause du diabète une semaine plus tôt. Sa belle famille a immédiatement essayé de l'expulser de sa maison, un crime dont sont victimes 3 veuves sur 5 en Ouganda. Ils sont arrivés le jour de l'enterrement avec des outils agricoles en guise d'armes et ils ont demandé à tout le monde de partir. Ils l'ont ensuite menacé physiquement. La famille n'a pas contre-attaqué à cause des règles de hierarchie familiale. Deux des assaillants étaient des oncles paternels et personne n'a le droit de leur répondre. Solome a été mariée à son mari depuis 1979 alors qu'elle avait 17 ans et lui 19. Ils étaient meilleurs amis et sont tombés amoureux lorsqu'ils étaient adolescents et le sont restés toute leur vie.»

Province de Mukono, Ouganda, le 20 juin 2016 | Amy Toensing

 

«Christine Namatovu est avec son fils Andrew dans sa maison. Elle a dû se battre pour la garder quand son mari est mort en juillet 2014. La mère, la tante et trois frères du défunt ont fermé à la clé la maison pour l'écarter et lui ont pris ses enfants. L'organisation International Justice Mission (IJM) l'a ensuite aidé à aller en justice pour tenter de récupérer ses enfants et sa maison. Si sa belle famille commet un nouveau crime, ils seront arrêtés et détenus pour deux ans.»

Province de Mukono, Ouganda, le 20 juin 2016 | Amy Toensing

 

«Christine Namatovu est avec son fils Andrew dans sa maison. Elle a dû se battre pour la garder quand son mari est mort en juillet 2014. La mère, la tante et trois frères du défunt ont fermé à la clé la maison pour l'écarter et lui ont pris ses enfants. L'organisation International Justice Mission (IJM) l'a ensuite aidé à aller en justice pour tenter de récupérer ses enfants et sa maison. Si sa belle famille commet un nouveau crime, ils seront arrêtés et détenus pour deux ans.»

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