Il a documenté la tragédie des Rohingyas

Fanny Arlandis

Monde

, mis à jour le 20.11.2017 à 16 h 13

Depuis août, les Rohingyas fuient une répression extrêmement brutale menée par l'armée contre les rebelles dans l'État de Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie. Plus de 600.000 Rohingyas, de confession musulmane, ont trouvé refuge dans des camps au Bangladesh. L’ONU dénonce une opération d’«épuration ethnique». Aung San Suu Kyi, l’ancienne icône du combat pour la démocratie en Birmanie, essuie de fortes critiques de la part d'organisations de défense des droits de l’homme pour ne pas défendre cette population et condamner les actes antimusulmans commis dans son pays. Le photographe Fred Dufour s'est rendu au Bangladesh pour couvrir cet exode pour l'AFP. «Avant de partir, j'ai étudié la situation géopolitique, mais je n'ai pas regardé les productions des autres photographes pour ne pas être influencé par leurs images, raconte-t-il. Je voulais découvrir sur place la situation, par moi-même. Lorsque je suis arrivé, c'est l'ampleur de l'exode qui m'a sauté au visage.» Retour en images sur ses quinze jours de reportage.

Rivière Naf, Whaikhyang, le 9 octobre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«Je suis parti avec un reporter texte, un reporter vidéo et un fixeur qui est notre guide. Nous partions chaque jour très tôt le matin car si les distances sur la carte paraissent très courtes, les routes sont très étroites et il y a beaucoup de circulation. Cela prend beaucoup de temps. Nous partions aussi très tôt le matin pour profiter de la lumière car elle y est moins dure qu'à midi. De toute façon, les gens se lèvent très tôt. Dès que le soleil se lève.»

Rivière Naf, Whaikhyang, le 9 octobre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«Je suis parti avec un reporter texte, un reporter vidéo et un fixeur qui est notre guide. Nous partions chaque jour très tôt le matin car si les distances sur la carte paraissent très courtes, les routes sont très étroites et il y a beaucoup de circulation. Cela prend beaucoup de temps. Nous partions aussi très tôt le matin pour profiter de la lumière car elle y est moins dure qu'à midi. De toute façon, les gens se lèvent très tôt. Dès que le soleil se lève.»

Rivière Naf, Teknaf, le 30 septembre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«Sur cette image, un Bangladais aide des réfugiés Rohingyas à désembarquer après qu'ils aient passé la frontière de Myanmar, sur la rivière Naf. Ce genre d'image est ressorti très rapidement dans le travail de nombreux photographes. Cette arrivée est le symbole de leur exode, de ces gens qui prennent des bateaux pour traverser un fleuve et arriver dans un autre pays.»

Rivière Naf, Teknaf, le 30 septembre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«Sur cette image, un Bangladais aide des réfugiés Rohingyas à désembarquer après qu'ils aient passé la frontière de Myanmar, sur la rivière Naf. Ce genre d'image est ressorti très rapidement dans le travail de nombreux photographes. Cette arrivée est le symbole de leur exode, de ces gens qui prennent des bateaux pour traverser un fleuve et arriver dans un autre pays.»

Rivière Naf, Whaikhyang, le 9 octobre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«Début octobre, un représentant de l'ONU a indiqué que le camp au Bangladesh qui s'apprête à accueillir plus de 800.000 Rohingyas est dangereux. La surpopulation augmente les risques de diffusion rapide de maladies mortelles. Depuis le 25 août, déjà plus de 600.000 Rohingyas sont arrivés au Bangladesh. Après avoir traversé la frontière avec leurs enfants, les femmes doivent encore traverser un nombre incalculable de rizières et de rivières de différentes profondeurs avec leurs enfants dans les bras avant d'arriver aux camps de réfugiés.»

Rivière Naf, Whaikhyang, le 9 octobre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«Début octobre, un représentant de l'ONU a indiqué que le camp au Bangladesh qui s'apprête à accueillir plus de 800.000 Rohingyas est dangereux. La surpopulation augmente les risques de diffusion rapide de maladies mortelles. Depuis le 25 août, déjà plus de 600.000 Rohingyas sont arrivés au Bangladesh. Après avoir traversé la frontière avec leurs enfants, les femmes doivent encore traverser un nombre incalculable de rizières et de rivières de différentes profondeurs avec leurs enfants dans les bras avant d'arriver aux camps de réfugiés.»

Rivière Naf, Whaikhyang, le 9 octobre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«À l'image de cette femme qui traverse une rizière avec son nourrisson. Elle s’avance avec précaution. L'exode concerne tout le monde: hommes, femmes, nourrissons, vieillards... Chaque jour, avec l'équipe, nous faisions une petite réunion pour échanger nos informations, par exemple, si une distribution alimentaire ou de vaccins était effectuée ou une arrivée massive de réfugiés avait lieu. Les gens étaient tellement dans la détresse qu’ils ne faisaient pas du tout attention aux journalistes. On était complétement invisibles. Ils ont marché entre 5 et 10 jours en ne mangeant presque rien.»

Rivière Naf, Whaikhyang, le 9 octobre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«À l'image de cette femme qui traverse une rizière avec son nourrisson. Elle s’avance avec précaution. L'exode concerne tout le monde: hommes, femmes, nourrissons, vieillards... Chaque jour, avec l'équipe, nous faisions une petite réunion pour échanger nos informations, par exemple, si une distribution alimentaire ou de vaccins était effectuée ou une arrivée massive de réfugiés avait lieu. Les gens étaient tellement dans la détresse qu’ils ne faisaient pas du tout attention aux journalistes. On était complétement invisibles. Ils ont marché entre 5 et 10 jours en ne mangeant presque rien.»

Teknaf, le 29 septembre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«On voit bien sur cette photo que les réfugiés sont exténués par le voyage qu'ils viennent d'effectuer. À leur arrivée, les enfants sont apeurés, ils se demandent ce qu’il se passe. Les gens crient, certains perdent connaissance car ils n'ont pas mangé depuis des jours, il fait chaud et les enfants ne comprennent pas pourquoi il faut vite sortir du bateau.»

Teknaf, le 29 septembre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«On voit bien sur cette photo que les réfugiés sont exténués par le voyage qu'ils viennent d'effectuer. À leur arrivée, les enfants sont apeurés, ils se demandent ce qu’il se passe. Les gens crient, certains perdent connaissance car ils n'ont pas mangé depuis des jours, il fait chaud et les enfants ne comprennent pas pourquoi il faut vite sortir du bateau.»

Rivière Naf, Teknaf, le 8 octobre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«J'ai pris cette photo dans un camion qui transportait des réfugiés vers un camp. Ils avaient traversé la frontière la veille. Ils ont passé la journée ou la nuit au poste de contrôle où ils ont été enregistrés puis un camion benne les emmène dans un camp. La petite fille ne faisait que pleurer, des cris très forts, symptomatiques de l'épuisement, mais elle devait encore restée éveillée pour prendre ce convoi avec sa mère.»

Rivière Naf, Teknaf, le 8 octobre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«J'ai pris cette photo dans un camion qui transportait des réfugiés vers un camp. Ils avaient traversé la frontière la veille. Ils ont passé la journée ou la nuit au poste de contrôle où ils ont été enregistrés puis un camion benne les emmène dans un camp. La petite fille ne faisait que pleurer, des cris très forts, symptomatiques de l'épuisement, mais elle devait encore restée éveillée pour prendre ce convoi avec sa mère.»

Rivière Naf, Teknaf, le 29 septembre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«J'ai pris cette photo au milieu de la nuit, les Rohingyas étaient arrivés par bateau. J’ai éclairé avec mon portable pour pouvoir photographier l’arrivée de ces réfugiés sur la plage. Il faisait très noir et cette fillette a vu ma lumière vers laquelle elle s'est dirigée et s'est arrêtée sans comprendre ce qu'il se passait. Elle était complétement perdue. Ses parents étaient derrière elle et lui disaient de continuer de marcher.»

Rivière Naf, Teknaf, le 29 septembre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«J'ai pris cette photo au milieu de la nuit, les Rohingyas étaient arrivés par bateau. J’ai éclairé avec mon portable pour pouvoir photographier l’arrivée de ces réfugiés sur la plage. Il faisait très noir et cette fillette a vu ma lumière vers laquelle elle s'est dirigée et s'est arrêtée sans comprendre ce qu'il se passait. Elle était complétement perdue. Ses parents étaient derrière elle et lui disaient de continuer de marcher.»

Rivière Naf, Whaikhyang, le 9 octobre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«Je n'avais jamais couvert d'exode, de situations aussi dures. Mes images m'ont rappelé la guerre du Vietnam et la fuite des Vietnamiens. Les Rohingyas ont tout abandonné et ont traversé des contrés à n’importe quel prix. Ils arrivent dans un pays où ils sont accueillis dans des conditions sanitaires terribles. Ils ont marché des kilomètres pendant des jours sans manger, certains ont perdu leurs bébés pendant le trajet, d'autres ont accouché. Cela m’a bouleversé. Les gens n'en finissaient pas d'arriver. Je montais sur les collines pour regarder l’étendue des camps, c’était à perte de vue. J'ai pris cette photo à la fin de la journée. Ces Rohingyas viennent juste d'arriver, ils ne se posent pas et ne savent pas trop où aller. Ils sont régulés par l'armée qui les contrôle au fur et à mesure. J'ai serré mon cadre pour montrer l'étendue massive de cet exode.»

Rivière Naf, Whaikhyang, le 9 octobre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«Je n'avais jamais couvert d'exode, de situations aussi dures. Mes images m'ont rappelé la guerre du Vietnam et la fuite des Vietnamiens. Les Rohingyas ont tout abandonné et ont traversé des contrés à n’importe quel prix. Ils arrivent dans un pays où ils sont accueillis dans des conditions sanitaires terribles. Ils ont marché des kilomètres pendant des jours sans manger, certains ont perdu leurs bébés pendant le trajet, d'autres ont accouché. Cela m’a bouleversé. Les gens n'en finissaient pas d'arriver. Je montais sur les collines pour regarder l’étendue des camps, c’était à perte de vue. J'ai pris cette photo à la fin de la journée. Ces Rohingyas viennent juste d'arriver, ils ne se posent pas et ne savent pas trop où aller. Ils sont régulés par l'armée qui les contrôle au fur et à mesure. J'ai serré mon cadre pour montrer l'étendue massive de cet exode.»

Rivière Naf, Teknaf, le 29 septembre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«J'ai vu cette fille qui pleurait et tenait sa mère dans les bras. Elle ne faisait pas attention à moi. On sent qu’elle est perdue, elle pleure sans retenue. Les images qui restent sont très fortes. Les gens ne se retiennent pas, ils arrivent, sortent des bateaux épuisés et fondent en larmes. Les débarquements sont très chaotiques.»

Rivière Naf, Teknaf, le 29 septembre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«J'ai vu cette fille qui pleurait et tenait sa mère dans les bras. Elle ne faisait pas attention à moi. On sent qu’elle est perdue, elle pleure sans retenue. Les images qui restent sont très fortes. Les gens ne se retiennent pas, ils arrivent, sortent des bateaux épuisés et fondent en larmes. Les débarquements sont très chaotiques.»

Rivière Naf, Teknaf, le 29 septembre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«Épuisée par le trajet, cette femme s'est effondrée sur la plage et s'est évanouie de fatigue avant de reprendre connaissance. Des personnes l’ont ensuite porté pour rejoindre le poste de sécurité. Cette photo montre bien dans quelle condition cette population est en train de fuir la Birmanie.»

Rivière Naf, Teknaf, le 29 septembre 2017 | Fred Dufour / AFP

 

«Épuisée par le trajet, cette femme s'est effondrée sur la plage et s'est évanouie de fatigue avant de reprendre connaissance. Des personnes l’ont ensuite porté pour rejoindre le poste de sécurité. Cette photo montre bien dans quelle condition cette population est en train de fuir la Birmanie.»

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