Grandir quand on est une fille à Gaza

Fanny Arlandis

Double XParents & enfantsMonde

, mis à jour le 03.08.2017 à 20 h 32

Depuis plus de cinq ans, Monique Jaques documente ce que c'est de grandir dans la bande de Gaza quand on est une fille. La photographe a maintenant le projet d'en faire un livre. Une campagne de financement a été lancée sur Kickstarter, elle prendra fin le 16 août 2017.

«Je suis venue il y a cinq ans pour couvrir la guerre, comme d'autres journalistes, mais je suis restée car j'y ai rencontré un fantastique groupe de filles et de jeunes femmes qui tentent d'impulser des changements positifs dans leurs vies et dans celles des autres. J'ai commencé à les documenter et j'ai étendu mon travail pour raconter plus d'histoires sur ces femmes. Sur cette image des étudiantes en médecine à l'université islamique font une pause au service maternité de l'hôpital Al-Shifa de Gaza.»

«Je suis venue il y a cinq ans pour couvrir la guerre, comme d'autres journalistes, mais je suis restée car j'y ai rencontré un fantastique groupe de filles et de jeunes femmes qui tentent d'impulser des changements positifs dans leurs vies et dans celles des autres. J'ai commencé à les documenter et j'ai étendu mon travail pour raconter plus d'histoires sur ces femmes. Sur cette image des étudiantes en médecine à l'université islamique font une pause au service maternité de l'hôpital Al-Shifa de Gaza.»

Crédit: Monique Jaques

«Très souvent, la bande de Gaza n'est observée que par la dimension de la violence et du conflit. Les moments plus calmes comme cette photo sont souvent négligés alors qu'ils offrent un regard puissant sur un monde inconnu pour beaucoup. Ici, Yara et ses amis préparent une chorégraphie lors d'une coupure de courant. Le fuel est rare à Gaza et de nombreuses familles n'ont que six à huit heures d'électricité par jour.»

«Très souvent, la bande de Gaza n'est observée que par la dimension de la violence et du conflit. Les moments plus calmes comme cette photo sont souvent négligés alors qu'ils offrent un regard puissant sur un monde inconnu pour beaucoup. Ici, Yara et ses amis préparent une chorégraphie lors d'une coupure de courant. Le fuel est rare à Gaza et de nombreuses familles n'ont que six à huit heures d'électricité par jour.»

Crédit: Monique Jaques

«J'ai commencé ce travail en rencontrant le plus de filles possibles. Il y a une tradition orale très forte dans la culture palestinienne et je leur ai demandé de me raconter leurs histoires. De fil en aiguille, j'ai construit des connexions. La plupart des filles que j'ai photographiées vivent dans la ville de Gaza, relativement libre. Mais c'était tout de même un défi de convaincre les adolescentes et les jeunes adultes de mettre de côté leurs inquiétudes concernant les normes sociales et ainsi être autorisée à la photographier. Doaa est dans la chambre de l'une de ses amies. Les filles qui ne sont pas mariées n'ont que peu d'endroits pour être elles-mêmes. Les chambres et les voitures constituent des sortes de sanctuaires dans lesquels les filles peuvent chanter et danser sans être jugées par le public ou par leurs propres familles.»

«J'ai commencé ce travail en rencontrant le plus de filles possibles. Il y a une tradition orale très forte dans la culture palestinienne et je leur ai demandé de me raconter leurs histoires. De fil en aiguille, j'ai construit des connexions. La plupart des filles que j'ai photographiées vivent dans la ville de Gaza, relativement libre. Mais c'était tout de même un défi de convaincre les adolescentes et les jeunes adultes de mettre de côté leurs inquiétudes concernant les normes sociales et ainsi être autorisée à la photographier. Doaa est dans la chambre de l'une de ses amies. Les filles qui ne sont pas mariées n'ont que peu d'endroits pour être elles-mêmes. Les chambres et les voitures constituent des sortes de sanctuaires dans lesquels les filles peuvent chanter et danser sans être jugées par le public ou par leurs propres familles.»

Crédit: Monique Jaques

«Hadeel Fawzy Abushar, 25 ans, enregistre une chanson dans un studio de la ville de Gaza. Il ne reste que peu de femmes chanteuses car les familles et le gouvernement local dédaignent cette pratique. Hadeel a a commencé à chanter lorsqu'elle avait 12 ans et toutes ses sœurs sont chanteuses.»

«Hadeel Fawzy Abushar, 25 ans, enregistre une chanson dans un studio de la ville de Gaza. Il ne reste que peu de femmes chanteuses car les familles et le gouvernement local dédaignent cette pratique. Hadeel a a commencé à chanter lorsqu'elle avait 12 ans et toutes ses sœurs sont chanteuses.»

Crédit: Monique Jaques

«Pour de nombreux Gazaouis, la mer est le seul endroit qui ne leur fait pas penser à leur isolement. Sabah Abu Ghanem, 14 ans, est surfeuse. Elle surfe avec sa sœur le matin, à l'extérieur de la ville de Gaza. Les deux sœurs ont fini premières lors de nombreuses compétitions organisées dans la bande de Gaza, mais elles n'ont jamais quitté ce territoire pour concourir.»

«Pour de nombreux Gazaouis, la mer est le seul endroit qui ne leur fait pas penser à leur isolement. Sabah Abu Ghanem, 14 ans, est surfeuse. Elle surfe avec sa sœur le matin, à l'extérieur de la ville de Gaza. Les deux sœurs ont fini premières lors de nombreuses compétitions organisées dans la bande de Gaza, mais elles n'ont jamais quitté ce territoire pour concourir.»

Crédit: Monique Jaques

«La vie dans la bande de Gaza est difficile. Le conflit est toujours là, ainsi que la pauvreté et il y a juste assez de fuel pour fournir de l'électricité quelques heures par jours. Deux millions de personnes vivent sur ce territoire de 365 km2, qui en fait l'endroit le plus peuplé au monde. Les frontières avec leurs voisins, l'Egypte et Israël sont toutes les deux fermées et voyager dans ces pays est extrêmement contrôlé. La vie là-bas est souvent comparée à celle d'une prison à ciel ouvert, voire pire. Sur cette image, des filles regardent le coucher du soleil depuis le port de la ville de Gaza. Vivre à Gaza est indéniablement difficile mais être une femme là-bas l'est bien plus encore.»

«La vie dans la bande de Gaza est difficile. Le conflit est toujours là, ainsi que la pauvreté et il y a juste assez de fuel pour fournir de l'électricité quelques heures par jours. Deux millions de personnes vivent sur ce territoire de 365 km2, qui en fait l'endroit le plus peuplé au monde. Les frontières avec leurs voisins, l'Egypte et Israël sont toutes les deux fermées et voyager dans ces pays est extrêmement contrôlé. La vie là-bas est souvent comparée à celle d'une prison à ciel ouvert, voire pire. Sur cette image, des filles regardent le coucher du soleil depuis le port de la ville de Gaza. Vivre à Gaza est indéniablement difficile mais être une femme là-bas l'est bien plus encore.»

Crédit: Monique Jaques

«Ce que j'ai appris en réalisant ces images c'est à quel point les gens peuvent être forts alors qu'ils vivent dans une situation de l'extrême depuis très longtemps. Ces filles sont solides, inspirées et déterminées. Madleen Koolab organise des promenades avec les gazaouis le jeudi soir, jour de sortie pour de nombreuses familles. Madleen est propriétaire du bateau et l'utilise pour pécher la semaine.»

«Ce que j'ai appris en réalisant ces images c'est à quel point les gens peuvent être forts alors qu'ils vivent dans une situation de l'extrême depuis très longtemps. Ces filles sont solides, inspirées et déterminées. Madleen Koolab organise des promenades avec les gazaouis le jeudi soir, jour de sortie pour de nombreuses familles. Madleen est propriétaire du bateau et l'utilise pour pécher la semaine.»

Crédit: Monique Jaques

«Quand on est une jeune fille à Gaza, notre existence est définie par des barrières (au sens littéral et métaphorique), définies à la fois par la politique culturelle et régionale. Les familles surveillent de près leurs filles. Elles peuvent faire tous types de sports jusqu'à l'âge de 16 ans, mais ensuite la pression des familles les oblige à arrêter. C'est le moment où de nombreuses familles leur cherchent un mari.»

«Quand on est une jeune fille à Gaza, notre existence est définie par des barrières (au sens littéral et métaphorique), définies à la fois par la politique culturelle et régionale. Les familles surveillent de près leurs filles. Elles peuvent faire tous types de sports jusqu'à l'âge de 16 ans, mais ensuite la pression des familles les oblige à arrêter. C'est le moment où de nombreuses familles leur cherchent un mari.»

Crédit: Monique Jaques

«La vie privée et la mobilité sont toutes les deux rares. De nombreuses femmes disent que dans un endroit aussi petit que Gaza il est impossible d'être totalement libres. Sur cette image, une fille montre ses ongles aux couleurs du drapeau palestinien. Les filles de Gaza sont concernées par leur apparence comme n'importe où dans le monde.»

«La vie privée et la mobilité sont toutes les deux rares. De nombreuses femmes disent que dans un endroit aussi petit que Gaza il est impossible d'être totalement libres. Sur cette image, une fille montre ses ongles aux couleurs du drapeau palestinien. Les filles de Gaza sont concernées par leur apparence comme n'importe où dans le monde.»

Crédit: Monique Jaques

«Il y a pourtant des moments de joie, comme les rires qu'on entend dans cette école de Hamza Bin Abd-el Muttalib où Nisreen Shawa organise avec la fondation Palestinian Medical Relief des ateliers d'art thérapie pour les filles. Des secrets sont partagés entre amis et il reste toujours les moments seuls pour rêver. Comme toutes les filles, elles découvrent qui elles sont dans un monde construit par des adultes. Trouver son chemin dans l'enfance est universel, les circonstances ne le sont pas.»

«Il y a pourtant des moments de joie, comme les rires qu'on entend dans cette école de Hamza Bin Abd-el Muttalib où Nisreen Shawa organise avec la fondation Palestinian Medical Relief des ateliers d'art thérapie pour les filles. Des secrets sont partagés entre amis et il reste toujours les moments seuls pour rêver. Comme toutes les filles, elles découvrent qui elles sont dans un monde construit par des adultes. Trouver son chemin dans l'enfance est universel, les circonstances ne le sont pas.»

Crédit: Monique Jaques

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